Allocution du président de la République du mercredi 28 octobre 2020

Lors de son interview du 14 octobre dernier, le Président de la République avait demandé un délai pour juger de l’efficacité des choix faits (fermeture des bars, couvre-feu) et décider de l’opportunité de mesures nouvelles. A l’occasion d’une allocution ce mercredi 28 octobre, il a annoncé un confinement généralisé à partir de vendredi.
Rappel : nous avons agi avec des mesures territorialisées et le renforcement de la stratégie “Tester, alerter, protéger” qui permet aujourd’hui de réaliser 1,9 million de tests par semaine mais également grâce aux 100 000 appels par jour des ARS et de l’assurance maladie pour briser les chaînes de contamination. “Notre stratégie était la bonne”, a déclaré le Président, “elle fut d’ailleurs celles de tous les pays européens.”
Nous devons aujourd’hui reconnaître que nous sommes submergés par l’accélération soudaine de l’épidémie, que même les prévisions les plus pessimistes n’avaient pas anticipée. Certains pays (Espagne, Irlande, Pays-Bas) ont pris plus tôt des mesures plus dures que les nôtres. Pourtant, nous en sommes tous au même point : débordés par une deuxième vague qui sera plus dure, plus meurtrière que la première.
“Ma responsabilité est de protéger tous les Français en dépit des polémiques et de la difficulté des mesures à prendre.” (Emmanuel Macron)
➜ Protéger nos aînés et les plus fragiles : ce sont les premières victimes du Covid-19
➜ Protéger les plus jeunes : contracter ce virus n’est jamais anodin même quand on a 20 ans
➜ Protéger les soignants : après l’immense effort fourni, nous leur devons de prendre toutes les précautions
➜ Protéger les plus modestes : les plus touchés par les conséquences économiques et sociales de la crise
➜ Protéger notre économie : trouver un juste équilibre sans jamais perdre de vue le principe intangible que rien n’est plus important que la vie humaine
Nous avons appris de nos insuffisances durant la première vague : depuis, 7 000 personnels soignants de plus ont été formés, 6 000 lits en réanimation aujourd’hui (10 000 lits prévus), 8 milliards d’investissements par an grâce au Ségur de la Santé, etc. Mais nous devons être réalistes : il faut 5 ans pour former infirmier ou 10 ans pour un anesthésiste. Enfin, un passage en réanimation = un pronostic vital engagé.
Or, l’objectif c’est de limiter la propagation du virus pour éviter les formes graves.
Le confinement est mis en place dès vendredi jusqu’au 1er décembre (avec un point d’étape tous les 15 jours) sur tout le territoire national avec des adaptations pour les départements d’outre-mer.
Ce qui ne changera pas : le retour de l’attestation pour sortir uniquement pour travailler, rdv médicaux, porter assistance, faire ses courses, prendre l’air ; interdiction des réunions privées et rassemblements publics ; fermeture des commerces non essentiels (prise en charge jusqu’à 10 000 euros des pertes des entreprises qui seront complétées par des mesures prochaines notamment pour les PME/TPE et indépendants) ; fermeture des frontières extérieures UE.
Ce qui changera :
– Crèches, écoles, collèges et lycées restent ouverts (cours à distance pour enseignement supérieur)
– Télétravail généralisé mais l’activité continuera avec plus d’intensité notamment dans les services publics, BTP, usines, exploitations agricoles, etc.
– Les visites dans les maisons de retraites et EHPAD pourront avoir lieu
L’objectif de ces nouvelles mesures est de passer de 40 000 contaminations par jour à 5 000 contaminations. Cela se fera notamment grâce au déploiement des tests rapides et à un meilleur traçage avec l’application TousAntiCovid pour un isolement plus efficace.
Le Gouvernement présente ce matin au Parlement le détail des mesures. Le Président l’a rappelé, il est essentiel de conserver un cadre transparent et démocratique où les oppositions peuvent s’exprimer.
Débats parlementaires à l’Assemblée nationale, le 29 octobre 2020
Discours du Premier ministre Jean Castex à l’Assemblée nationale : « Certains qui nous disent aujourd’hui que nous aurions dû agir plus fort ou que nous n’en faisons pas assez, prétendaient à l’époque que nous en faisions trop. »
Réunion en visioconférence avec Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé, et Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale, de la Jeunesse et des Sport, le 1er novembre 2020

 

Réunion en visioconférence avec Alain Griset, ministre chargé des petites et moyennes entreprises, le 3 novembre 2020

Ce matin, visioconférence avec le ministre chargé des petites et moyennes entreprises, Alain Griset, pour échanger avec lui sur les mesures complémentaires à mettre en place. La priorité est de sauver les vies. Et pour cela nous devons accompagner ceux qui subissent une fermeture administrative. J’ai ainsi alerté le Ministre pour celles et ceux qui ont démarré une activité depuis le début de l’année, et aussi sur une mesure plus incitative pour les bailleurs qui ne feraient pas payer le loyer aux commerces fermés.

 

Réunion en visioconférence avec Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, le 6 novembre 2020