Hommage à Jean-Jaurès à l’occasion de l’anniversaire de sa mort

Ce matin à 10 h à Carmaux, j’ai déposé une gerbe au pied de la statue de Jean Jaurès, entourée d’une trentaine de personnes, pour l’anniversaire de son assassinat, il y a 103 ans.

Retrouvez l’intégralité de mon discours :

 

Mesdames, Messieurs,

Cher-e-s ami-e-s,

Le 31 juillet 1914, il y a exactement 103 ans, Jean Jaurès était assassiné. L’histoire s’écrit collectivement tous les jours, et Jaurès, qui a inscrit le Tarn dans l’histoire de notre pays, nous réunit encore ce jour, ici à Carmaux.

Avec encore plus de force en ce jour, l’anniversaire de sa mort est l’occasion d’honorer sa mémoire et de ne pas oublier son héritage, héritage au service de la France et de notre territoire qui l’ont animé avec passion.

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Regarder la société dans les yeux, affronter le réel afin de le comprendre, puis améliorer le quotidien partout où cela est nécessaire : protéger les plus vulnérables, corriger les inégalités, amender pour aller plus loin, inventer de nouveaux droits, créer les conditions pour que chacune et chacun ait un emploi et une vie digne sont autant de combats qui devront toujours exister. « On arrête pas le progrès « , on ne doit pas l’arrêter et je crois profondément que les combats justes – comme ceux que Jean Jaurès a pu mener – méritent pugnacité.

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Les commémorations sont l’occasion de prendre le temps de regarder en arrière, d’être reconnaissant selon les circonstances, mais toujours de se souvenir pour comprendre et apprendre. Apprendre de notre histoire pour regarder l’avenir avec perspective. Jean Jaurès est mort 4 jours avant la Grande Guerre pour avoir voulu à tous prix l’empêcher. Il voulait que l’avenir de l’Alsace-Lorraine soit déterminé par un référendum et il avait convaincu les socialistes allemands mais les nationalismes Français et Germanique n’en ont pas voulu.

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Je ne vais pas là refaire l’histoire de Jaurès, ni reparler de ses combats, ni retracer ses pensées multiples qui irriguent encore aujourd’hui nos réflexions et la vie politique de notre pays. Juste vous dire que 103 ans après, la pensée de Jaurès est toujours vivante. « Aller à l’idéal et comprendre le réel »

Dans ces mots de Jaurès, je retrouve l’objectif du Président de la République avec lequel je me suis engagée pour transformer profondément et durablement notre pays. Pour recréer cette confiance dans la société qui est au cœur du projet d’Emmanuel Macron. C’est un défi immense, un défi de vérité d’abord mais aussi d’action parce qu’il nous faut être capable de créer une économie plus forte, de créer d’avantages d’emplois et de nous adapter aux règles qui ont changé pour pouvoir mettre en œuvre plus de justice sociale. Cette efficacité économique durable ne peut être possible que s’il y a une justice véritable et une place pour chacun. Il faut pouvoir dépasser le cynisme des uns, le conservatisme des autres et travailler au changement profond en veillant à chaque instant à ce qu’il soit efficace et juste. C’est la motivation de mon engagement, que je renouvelle avec humilité devant vous au pied de la statue de Jaurès qui fut député de cette circonscription comme je le suis aujourd’hui.

Pour mettre en œuvre ce projet et atteindre cet objectif, il faut du courage, ce même courage dont il parlait aux lycéens d’Albi dans son fameux « discours à la jeunesse ». C’est par ses mots que je voudrais conclure, ces mots sur le courage qui sonnent avec une extraordinaire modernité encore aujourd’hui.

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Le courage, ce n’est pas de laisser aux mains de la force la solution des conflits que la raison peut résoudre ; car le courage est l’exaltation de l’homme, et ceci en est l’abdication. Le courage pour vous tous, courage de toutes les heures, c’est de supporter sans fléchir les épreuves de tout ordre, physiques et morales, que prodigue la vie.

Le courage, c’est de ne pas livrer sa volonté au hasard des impressions et des forces ; c’est de garder dans les lassitudes inévitables l’habitude du travail et de l’action.

Le courage, c’est de comprendre sa propre vie, de la préciser, de l’approfondir, de l’établir et de la coordonner cependant à la vie générale.

Le courage, c’est de surveiller exactement sa machine à filer ou tisser, pour qu’aucun fil ne se casse, et de préparer cependant un ordre social plus vaste et plus fraternel où la machine sera la servante commune des travailleurs libérés.

Le courage, c’est d’accepter les conditions nouvelles que la vie fait à la science et à l’art, d’accueillir, d’explorer la complexité presque infinie des faits et des détails, et cependant d’éclairer cette réalité énorme et confuse par des idées générales, de l’organiser et de la soulever par la beauté sacrée des formes et des rythmes.

Le courage, c’est de dominer ses propres fautes, d’en souffrir, mais de n’en pas être accablé et de continuer son chemin.

Le courage, c’est d’aimer la vie et de regarder la mort d’un regard tranquille ; c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel ; c’est d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni s’il lui réserve une récompense. Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques.

Je vous remercie et je remercie plus particulièrement le comité de Carmaux pour l’organisation de cette manifestation.