« La construction d’une société des compétences vise notamment à protéger les plus fragilisés sur le marché du travail »

Jeudi 12 juillet, je suis intervenue en discussion générale du Débat d’orientation des finances publiques pour 2019 afin d’expliquer les choix politiques de notre majorité, dans le domaine du travail et de l’emploi, pour les années à venir.

Retrouvez ci-dessous mon intervention :

Discussion générale

Débat d’orientation des finances publiques pour 2019

 

Monsieur le Président,

Monsieur le Ministre,

Monsieur le Président de la Commission des Finances,

Monsieur le Rapporteur Général

Mes chers collègues,

 

Lorsque les élus exercent leurs responsabilités, nos concitoyennes et nos concitoyens ont besoin de connaître l’orientation de l’action publique engagée, une orientation indispensable en matière de finances publiques. Une orientation bien loin de se limiter à une trajectoire budgétaire.

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Dans le domaine de l’emploi, notre cap est ambitieux. Il se doit de l’être pour les millions de Françaises et de Français qui recherchent un emploi, qui veulent prendre part à l’activité de notre pays, retrouver une situation digne…

La France a créé 253.000 emplois dans le secteur privé en 2017, soit une hausse de 1,3 % sur un an, inédite depuis dix ans dans notre pays et qui mérite d’être soulignée. Sans pour autant sous-estimer ce qu’il nous reste à accomplir, elle est le signe que la donne peut changer, que nos efforts, notamment depuis le vote des ordonnances pour le renforcement du dialogue social, paient et portent leurs fruits.

 

Nous sommes conscients de la situation et de l’urgence d’apporter de nouvelles perspectives aux Français, tout en transformant profondément les choses afin que des opportunités de réussite existent, dans tous les domaines.

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La mobilisation de la mission Travail et Emploi dont je suis rapporteure avec Gilles Le Gendre, notamment en matière de formation, apparaît ainsi plus que jamais nécessaire et nous avons confiance dans les résultats à venir du projet de loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel porté par Muriel Pénicaud et sur lequel nous avons largement travaillé collectivement.

Comme bon nombre d’entre vous, je rencontre des demandeurs d’emploi dans ma circonscription, des personnes qui ne cherchent parfois qu’à être écoutées, qui souhaitent raconter leur parcours, leur réorientation, les formations qui n’ont pas débouché sur le retour attendu à l’emploi.

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Alors oui à travers le premier budget du quinquennat, nous avons fait le choix de diminuer les contrats aidés et de les transformer sous forme de « parcours emplois compétences » (PEC) dont la logique est celle d’un recentrage sur les bénéficiaires. Le fin ciblage des publics sur l’année a ainsi permis une hausse de la part des travailleurs handicapés de 1,7 point par rapport à 2016. Une hausse qui doit impérativement se poursuivre en privilégiant cette cible. Et nous serons vigilant à ce que les contrats pour les Auxiliaires de Vie scolaire sortent de cette mission et soient en 2019 transformés en contrat pérenne porté par le budget de l’ éducation nationale au vu de l’importance d’une tel métier.

Mais en contrepartie de ce choix de diminuer les contrats aidés, nous avons fait le choix de nous recentrer sur tout ce qui fonctionnait bien et donnait des résultats.

Nous avons tiré les conséquences des effets positifs de l’insertion par l’activité économique et de la garantie jeunes qui sont renforcés dans le budget 2018, après avoir montré de bons résultats en 2017. L’insertion par l’activité économique a , je le rappelle, une utilité économique et sociale grandissante de ce secteur. Et la garantie jeunes est une mobilisation inédite en faveur de l’emploi et des jeunes en difficulté. Ces deux dispositifs ont été conservés parce qu’ils avaient prouvé leur efficacité par le passé, et il est juste que pour 2019, ces dispositifs soient encore plus renforcés et doivent être une des priorité de la mission.

En septembre 2017, conformément à la promesse de campagne du Président de la République, un grand plan d’investissement pour les compétences et la formation professionnelle (GPI) a été annoncé. Il représentera un investissement majeur de 14,6 milliards d’euros sur 5 ans, dont 13,8 milliards d’euros seront inscrits sur les programmes 102 et 103 de la mission Travail et Emploi et il est «  une composante essentielle de la transformation du pays » pour reprendre les mots du premier ministre Edouard Philippe.

Il sera mis en œuvre dès 2018 à destination de deux publics cibles que sont les jeunes sans qualification et les demandeurs d’emploi de longue durée.

La construction d’une « société des compétences » vise notamment à protéger les plus fragilisés sur le marché du travail en accompagnant et formant en 5 ans un million de chômeurs peu qualifiés et un million de jeunes ni en emploi, ni en études.

Enfin nous serons attentifs aux résultats des expérimentations lancées en 2018 comme les emplois francs : il s’agit d’une politique de discrimination positive assumée en faveur des habitants des quartiers les plus en difficulté que nous devons généraliser si les résultats donnent les effets attendus.

Ce sont donc des choix de cohérence et de vérité qui apporteront des vrais solutions et qui amèneront la guérison de la maladie de l’emploi : pas des pansements qui calment la douleur mais ne fait qu’endormir la maladie comme nous avons pu le vivre toutes ces dernières années.

Et nous suivrons cette trajectoire car nous savons tous ici dans cet hémicycle que la première victoire de ce quinquennat sera la diminution effective du taux de chômage en France pour le bien de toutes les citoyennes et de tous les citoyens.

Je vous remercie.