Dialogue et responsabilité dans l’intérêt de la SNCF et de ses usagers : « Je suis fille de cheminot, il était fier de son entreprise comme tous les cheminots aujourd’hui encore. Mais voilà, la SNCF d’alors n’est pas la SNCF de maintenant parce l’environnement a changé »

Dialogue et responsabilité dans l’intérêt de la SNCF et de ses usagers

Samedi dernier, je me suis rendue à la gare d’Albi-Ville pour discuter avec les cheminots. Le dialogue fût correct et respectueux. Je respecte les cheminots – je suis la fille de l’un d’entre eux – et je respecte bien sûr le droit de grève. J’entends les craintes qui s’expriment, c’est la raison pour laquelle je suis allée à leur rencontre.

Mais aujourd’hui, à travers cette tribune, je souhaite aussi m’adresser à tous les citoyens.

 

Pourquoi une réforme SNCF ?

Retrouvez le dossier de presse du Gouvernement en cliquant : ici

La SNCF est une belle entreprise, mais pour qu’elle le reste, elle doit écrire une nouvelle page de son histoire. Accompagner la SNCF dans le 21ème siècle en réinventant sa propre modernité est de notre responsabilité.

Le but de cette réforme est de reconstruire le réseau ferroviaire, d’améliorer le trafic pour les usagers et d’arrêter l’accroissement d’une dette devenue insoutenable avec la politique mise en place depuis des années sur le tout TGV. Une dette de 46 mds d’euros à assumer collectivement, une dette augmentée chaque année de 3 mds d’euros (puisque pour 22 mds de dépenses : nous avons 9 mds de recettes et 10 mds de fonds public). Un travail doit être engagé avec la SNCF afin de s’assurer que cette dette ne se reconstruise pas demain, après la réforme.

Nous sommes le seuls pays d’Europe à ne pas avoir ouvert le marché ferroviaire à la concurrence !

En observant les autres pays, on peut légitimement se demander pourquoi l’ouverture n’a pas été initiée plus tôt. Bien que l’Angleterre est l’exception qui ne confirme pas la règle, ce pays ne sera pas notre modèle.

 

Regardons ailleurs :

En Allemagne, elle a été faite il y a 20 ans. Le résultat est signification : -25% de coûts, +49% de voyageurs, +1,5% de part du train, ce qui a justement permis de sauver des petites lignes. En Italie, le TGV a été ouvert à la concurrence depuis 2012, conséquence : -40% sur le prix des billets.

Les trains de nuits allemands, suisses, italiens, autrichiens, slovènes, etc., tous gérés par l’opérateur public autrichien ÖBB (Österreichische Bundesbahnen), depuis que l’Europe a décidé de lancer un appel à la concurrence pour re dynamiser l’offre. Ces trains sont performants et les voyageurs ont déboursé entre 29 et 139 € pour bénéficier d’une prestation allant d’un fauteuil très confortable à une cabine individuelle avec douche et WC.

Et si la SNCF a aujourd’hui  1/3 de son activité sur l’international, c’est bien parce que ces pays ont ouvert le marché à la concurrence.

 

Cette réforme est indispensable pour de nombreuses raisons :

14 milliards d’euros : c’est ce que coûte chaque année le service public ferroviaire. C’est autant que le budget de la police et de la gendarmerie réunies.

50 milliards d’euros : c’est le montant de la dette de la SNCF. Chaque année, la SNCF paie 1,5 milliard d’euros d’intérêts.

30% : c’est le surcroit de coût au kilomètre en France par rapport à celui de nos voisins.

3,6 milliards d’euros : c’est l’investissement qui sera réalisé chaque année par l’État dans le ferroviaire. C’est 50% de plus que par rapport aux 10 dernières années.

1 sur 6 : c’est le nombre de RER qui arrive en retard en moyenne.

1 sur 10 : c’est le nombre de TER qui arrive en retard. C’est deux fois plus qu’en Allemagne.

25 minutes : il faut 25 minutes de plus qu’il y a 40 ans pour aller de Limoges à Paris ou de Marseille à Nice.

 

Notre réforme prendra la forme d’un nouveau pacte ferroviaire :

Nous la ferons de façon progressive par rapport à l’ouverture de la concurrence (entre 2019 et 2023) et protectrice afin de protéger la SNCF et les cheminots.

Un pacte durable que nous entendons passer entre l’Etat, la SNCG et les agents.

L’engagement de l’Etat sera de 36 mds d’euros pour les 10 prochaines années, soit 10 millions par jour. Et plus d’investissement c’est moins de problème technique et plus de sécurité pour les voyageurs.

L’Etat prend l’engagement d’accompagner  les régions avec un financement conjoint de 1,5 mds d’euros pour maintenir les lignes en ruralité car Il n’y a pas de petites lignes mais un réseau public et un service public pour lutter contre le désenclavement des villes et soutenir le maintien de la ruralité.

Oui le pacte ferroviaire se veut un élément structurant d’un pacte social, durable et l’épine dorsale des mobilités du quotidien.

 

L’usager pourra voir son attente satisfaite avec une augmentation en qualité et en quantité.

La réforme SNCF, ce nouveau pacte ferroviaire :

–  c’est anticiper les mobilités et être au plus près des voyageurs.

–  c’est d’abord un rendez-vous avec l’avenir du réseau ferroviaire.

 

Mardi 10 avril, je suis intervenue dans l’hémicycle pour défendre la réforme (vidéo ci-dessous)

« Je suis fille de cheminot ! Mon père se levait à 4h00 du matin tous les jours pour aller travailler sur les voies hiver comme été, avec envie et engagement. Il était fier de son entreprise comme tous les cheminots aujourd’hui encore ! Et c’est normal.

Mais voilà, la SNCF d’alors n’est pas la SNCF d’aujourd’hui parce l’environnement a changé.

Force est de le constater.

Les Françaises et les Français doivent le comprendre.

Nous l’avons dit et redit : un investissement de 10 millions par jour pour refaire le réseau, ouvrir le marché à la concurrence pour donner aux usagers une meilleure offre de service tout en conservant ce patrimoine au niveau de l’Etat puisque seul l’Etat sera au capital , maintenir le statut du cheminot pour les employés actuels, s’engager à maintenir toutes les lignes de la ruralité…

Et justement, cet article vise à concilier les niveaux de redevances avec le niveau du trafic, la rentabilité et surtout les impérieuses nécessités d’aménagement du territoire et d’égalité des territoires face au transport ferroviaire. Ainsi, nous aurons l’attractivité pour les opérateurs et la protection contre la surexploitation de certaines lignes avec une solidarité entre elles pour protéger les lignes moins rentables.

Tout cela contribuera à refaire de la SNCF ce que mon père a connu dans son temps : un vrai réseau ferroviaire de qualité qui satisfera tout le monde.

***

Vous le savez toutes et tous ici mais vous préférez agiter des chiffons rouges : critiquer est toujours aisé, proposer est plus compliqué et agir demande du courage.

Ce courage de prendre nos responsabilités, nous députés de la majorité avec le Gouvernement, nous l’avons.

Et quand les générations futures regarderont nos débats de cette semaine, ils seront certainement fiers de ce que nous aurons fait !