Commémoration du 56ème anniversaire du cessez-le-feu de la guerre d’Algérie à Rabastens

Je suis née un 19 mars, mais après la guerre, en 1965. Cette période que je commémore désormais avec vous m’a été enseignée dans le cadre de l’école. Et avant cela, elle m’a été racontée par ma famille, revenue du Maroc pour la France en cette période et qui m’a appris à aimer profondément la culture du Maghreb.

Reconnaître, commémorer, se recueillir, se souvenir, rendre hommage, revenir à ce que nous sommes et à ce que nous devons à celles et ceux qui ont perdu ou risqué leur vie pour leur pays est essentiel.

Les liens qui continuent à vous unir aujourd’hui sont nés au cœur de cette guerre qui ne portait pas son nom mais qui a profondément marqué toute votre génération.

Pour Simone de Beauvoir, plus que le devoir de mémoire, « le seul devoir, c’est d’enseigner et de transmettre ». Telle est la mission que vous remplissez par votre engagement au sein de la FNACA. La somme de vos récits, de vos témoignages, de vos enseignements contribue à nourrir notre mémoire collective. Une mémoire qui doit rester vive, intacte, éternelle pour qu’elle puisse continuer à éclairer les consciences. Car aujourd’hui, nous ne devons rien prendre pour acquis, dans de trop nombreux pays, la guerre est toujours présente. La liberté est un rêve pour certaines populations, là où d’autres en jouissent au quotidien, sans même avoir besoin d’y penser.

Et même en France, nous sommes encore touchés, douloureusement, par une guerre aux formes nouvelles et aux origines qui nous dépassent. Tout ceci nous pousse à être humbles et à ne pas considérer que la guerre ne peut être décrite et conjuguée qu’au passé.

Je sais que nous menons ensemble un combat noble : que notre force est inépuisable pour affirmer nos valeurs de fraternité autant de fois qu’il le faudra. Pour apprendre aux nouvelles générations à être curieuses face aux différence plutôt qu’à les craindre. À toujours prendre garde au respect de l’autre. À s’instruire et à tenter de comprendre les autres modes de vie ou religions. À être dans l’empathie plutôt que la défiance. À toujours considérer que nous sommes toutes et tous égaux.

Je suis des vôtres pour appeler les uns et les autres à ne pas reproduire les drames du passé, à tirer des leçons de l’héritage des femmes et des hommes, vous en êtes, qui se sont battus et se battent encore pour que nous prenions le chemin du progrès, et donc de la paix, par-delà les frontières.