Mon intervention en séance publique sur le règlement du budget et approbation des comptes de l’année 2016

Monsieur le Président,

Monsieur le Rapporteur général,

Chers collègues,

 

L’examen de ce texte la semaine dernière en commission des finances a été l’occasion de dresser un constat sur la situation des finances publiques en se basant notamment sur l’audit de la Cour des comptes. Par ce travail, nous plaçons l’évaluation au cœur de nos décisions et de l’action publique dans l’objectif que désormais les moyens alloués par l’Etat s’accompagnent de résultats tangibles.

Cela doit être particulièrement le cas dans le domaine de la formation professionnelle, c’est le sujet que je souhaitais aborder avec vous aujourd’hui.

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Créer les conditions pour que chaque Française et chaque Français puisse occuper un emploi, puis qu’ils continuent à pouvoir se former au cours de celui-ci est plus qu’une priorité, c’est une exigence qui s’impose à nous-mêmes et une des responsabilités qui nous a été confiée. Toute personne doit avoir la possibilité, tous les 5 ans, de changer d’emploi si elle souhaite : la vie change, les pratiques également, nous devons évoluer !

Pour ce faire, la question de la formation professionnelle est une absolue nécessité, et j’y suis personnellement attachée car je peux témoigner de l’importance qu’elle revêt pour l’évolution des personnes dans les entreprises.

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Se former pour s’adapter aux nouveaux métiers, au marché du travail, au tissu économique local. Se former également pour améliorer ses compétences ou en acquérir de nouvelles. Se former pour que quelques-uns seulement n’aient pas « de la chance » mais que tous aient des possibilités. L’égalité des chances pour tous commence à l’école et se poursuit ici avec la formation accessible tout au long de la vie.

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L’audit de la Cour des comptes sur l’état des finances publiques est catégorique : le bilan des dispositifs mis en place par les Gouvernements successifs est insuffisant. La France a un véritable défi à relever en matière de formation professionnelle d’autant plus qu’au-delà du budget pris directement en charge par l’Etat, son coût avec l’apprentissage hors financement des ménages représentait en 2014 une dépense nationale de l’ordre de 30 Md€.

Avec la crise économique, nos prédécesseurs ont certes mis l’accent sur la formation des personnes en recherche d’emploi mais sans apporter une réponse concrète, pérenne et coordonnée de l’Etat, des régions et des partenaires sociaux, ayant surtout recours, depuis 2013, à des plans conjoncturels au coup par coup. J’en veux pour preuve – sans tous les citer – le plan « 30 000 formations prioritaires » prolongé l’année suivante par le plan « 100 000 formations prioritaires », à cela s’est ajouté le financement de 40 000 formations supplémentaires en faveur des TPE et enfin, en 2016, le plan « 500 000 formations supplémentaires » rentrant dans le plan d’urgence. Fin novembre 2016, c’est plus de 945000 actions engagées ou réalisées sans pour autant voir la situation s’améliorer.

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Dès aujourd’hui, avec exigence et dans l’esprit du programme présidentiel, changeons de méthode pour apporter les résultats concrets et indispensables que nos concitoyens attendent. Cessons de perpétuer les politiques publiques mises en place sans hauteur de vue. Commençons par procéder à une vraie évaluation des besoins en formation pour construire ensuite une politique ambitieuse et efficace pour les Français sur le long terme. Une formation recentrée sur ceux qui en ont le plus besoin, avec pour cible en autre les jeunes peu qualifiés éloignés de l’emploi, mais aussi les chômeurs de longue durée faiblement qualifiés. Refondons la formation professionnelle comme un outil centré sur l’individu plutôt que comme un outil pour remplir des stages.

 

Je vous remercie